L'an mil et la paix de Dieu : La France chrétienne et féodale 980-1060 PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Cédric Grebenieff   
Index de l'article
L'an mil et la paix de Dieu : La France chrétienne et féodale 980-1060
Le paradigme classique
Le pourquoi des dérives interprétatives profondes
En quoi et pourquoi l'histoire classique s'est plantée ?
Une rupture au XIe siècle ?
Conclusion et questions
Toutes les pages

 

Voici une petite analyse du livre intitulé "L’an mil et la paix de Dieu : La France chrétienne et féodale 980-1060" écrit par Dominique Barthélemy. Il s’agit d’un livre d’histoire paru en 1999 et qui révise l’historiographie traditionnelle du début de notre période. Par une relecture des sources historiques, il remet en question bon nombre de points du « paradigme » historique hérité du XIXème siècle et poursuivi jusqu’à la fin du XXème…

Pour toutes questions, critiques ou réactions, rendez-vous ici: http://www.cefc.asso.fr/phpBB3/viewtopic.php?f=8&t=32

 

Préambule  :

Il s’agit d’un livre très intéressant pour un reconstitueur grâce aux nombreuses citations de textes anciens. Ainsi, on aperçoit des tranches de vie quotidienne, la diversité des mœurs, puis l'interprétation de l'historien suit. On comprend mieux d'où les historiens tirent leur matière. En revanche le bouquin est épais, assez fastidieux, à lire. C'est un ouvrage spécialisé, et il faut être un peu masochiste pour le lire comme un roman, page à page !

En épilogue le livre présente les différentes ordalies judiciaires (duel, eau froide, feu...) qui ont cours depuis le haut moyen-âge, et traite de leurs sens, de leurs pratiques. C'est très instructif et démystifiant.

1°/ la féodalité

Avant de rentrer dans le vif du sujet, il convient de revenir sur une notion centrale, souvent mal comprise et/ou interprétée : la féodalité.

Qu’est-ce que la féodalité ? Définition possible (et personnelle)  : c’est un règlement de la société. Comme le roi ne peut contrôler tout seul l'ensemble de son royaume, il nomme des représentants attachés à des provinces, les comtes, ducs ou encore marquis. Les comtes répètent ce schéma dans leurs provinces : ils délèguent leur autorité à des barons. Cela n'a rien d’original, presque toutes les sociétés humaines connaissent ça. La particularité de la féodalité, c’est que progressivement, on demande l’hommage (un pacte oral et gestuel) à son vassal en échange d’un fief. Les hommes sont donc liés par des serments. Ces serments se multiplient, apparaissent à tous les niveaux de la société noble voir ecclésiastique, s’entrecroisent, si bien qu’un vassal peut avoir prêté hommage à plusieurs puissants pour obtenir divers avantages (fiefs notamment). Mais en cas de guerre se pose le problème de quel camp choisir, sans compter quelques félons qui renient leur serment au gré du vent… Cela dit, au moyen-âge, ce qui fait la richesse d’un noble, son influence, sa puissance, c’est avant tout le réseau de relations qu’il est capable de mobiliser, bien plus que ses forteresses, son armée. Le comte solitaire, enfermé dans un grand château, seul contre tous ou autarcique, est donc un mythe.



Mise à jour le Jeudi, 20 Août 2009 10:54