Techniques avancées - Les bases PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Hervald   
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Les bases



La vidéo ci-dessus montre les bases des techniques "avancées" que l'on utilise à CEFC. Comme indiqué dans l'introduction, ces techniques sont le fruit d'une recherche pratique sur plusieurs années, dont le fil conducteur est l'efficacité, et absolument pas le résultat de l'interprétation de traités d'armes. Globalement, cela se résume à poser la question : "quel geste me permet de tuer/incapaciter un adversaire le plus rapidement possible en survivant moi-même ?". Un geste est donc plus ou moins efficace selon la rapidité pour obtenir un résultat et le fait qu'il soit "sauf" pour soi-même.

Bien évidemment, nous ne pouvons pas aller jusqu'au bout de la démarche et donc avoir la certitude de cette efficacité. Cela dit, il semble (avis extérieurs à l'association compris) que les quelques gestuelles que vous pourrez visionner dans cette vidéo se rapprochent beaucoup de celles décrites dans différents traités. Ce qui en soit n'est pas illogique car l'épée est un outil très perfectionné. Or, même si le nombre de gestuelles possibles est  virtuellement infini, ce type d'outil a généralement un ensemble limité de principes d'utilisation efficace par un être humain. Par exemple, l'utilisation efficace d'un marteau boule de carrossier suit des principes subtils mais limités. Mal appliqués, on obtient n'importe quoi. Une recherche empirique suffisamment longue de l'efficacité peut donc logiquement mener à des gestuelles "historiques" (au sens similaires à celles des traités).

La vidéo est découpée en trois parties, prenant chacune un contexte particulier, mais toujours dans le cadre d'un duel où l'un des combattants, nommé attaquant, initie le combat par une frappe et où l'autre combattant, nommé défenseur, réagit à l'agression. Bien entendu, ces rôles sont amenés à s'intervertir et même s'entremêler dès que le supposé défenseur riposte ou contre-attaque.

Partie 1 - attaque simple sans riposte ou contre-attaque.

Cette partie est axée sur les gestes basiques de parade pour éjecter la lame attaquante. Il n'y a donc aucune exploitation du geste de parade pour riposter ou contre-attaquer. Cette éjection se fait en frappant la lame attaquante au niveau du moyen faible. Si vous prenez une épée au niveau de la poignée et que vous frappez la pointe avec la paume, vous pourrez constater que la lame vibre autour d'un point fixe, situé à peu près au 2/3 de la lame (c'est le même principe que les cordes d'une guitare). En venant percuter la lame attaquante à ce point, elle va se courber au maximum, ce qui, après la détente, va l'éjecter de sa trajectoire initiale. L'objectif du défenseur est de pratiquer cette percussion afin que la lame attaquante s'éloigne de son cylindre corporel, avec un moindre effort. A noter que cette percussion est plus ou moins efficace si on la fait grâce au plat ou au tranchant de la lame. Cela dit, l'important est de taper au bon endroit tout en positionnant sa lame correctement pour le geste suivant. Dans certains cas, il vaut mieux frapper du tranchant contre le plat (ou inversement). En revanche, le tranchant contre tranchant est à proscrire absolument, non seulement pour son inefficacité à éjecter une lame mais aussi pour la casse à très très court terme.

Partie 2 - attaque simple suivie d'une riposte ou contre-attaque.

Cette partie reprend les gestuelles de la première partie en montrant comment le défenseur peut exploiter la parade pour frapper d'estoc ou taille. Cette frappe est toujours directe et mortelle en l'absence de protections si l'ex-attaquant ne fait rien pour "l'anticiper" ou réagit trop tard.
Les premières séquences montrent des parades qui amènent le défenseur directement en position d'estoc. Même s'il y a parade, on peut classer ces mouvements dans le type  contre-attaque. A noter qu'il existe aussi des contre-attaque en taille ou des contre-attaque sans  parade, plus délicates à réaliser, qui ne sont pas montrées dans cette vidéo. Dans les deux dernières séquences, il y a clairement deux phases : la parade puis une frappe d'estoc ou de taille. On est donc cette fois dans le type parade/riposte.

Bien entendu, le type contre-attaque est à privilégier puisqu'il réduit le temps de réaction de l'ex-attaquant à quasi 0. Cependant, il expose très fortement le défenseur au cas où l'attaquant a anticipé cette contre-attaque, par exemple en jouant sur les distances et la vitesse de sa frappe.

Partie 3 - attaque/ripostes multiples.

Cette partie montre quelques situations où la première frappe ainsi que la contre-attaque ou riposte ne sont pas concluantes. Cela arrive par exemple quand les combattants sont aguerris et connaissent l'éventail des possibilités à venir à partir d'une situation donnée. Par exemple, on attaque pas bêtement  par le haut si l'on sait ou devine que l'autre maîtrise les gestuelles données en partie 2. Cela peut effectivement marcher, notamment si le défenseur n'est pas prêt (mauvais appuis/rythme/distance, ...) mais c'est prendre un gros risque. Il faut donc faire semblant d'attaquer bêtement et prendre une décision selon la réaction du défenseur. On est donc dans le registre des feintes où chacun va tenter de maîtriser le cours du combat en induisant en erreur son adversaire.

Les feintes montrées sont du domaine tactique. Elles ne sont pas "actives" au sens où l'on modifie la trajectoire de sa lame en cours de frappe. Elles sont plutôt des "invites", à savoir que l'on fait  un geste un peu bête, trop évident ou pas tout à fait correct, afin de tenter l'adversaire et provoquer une réaction prévisible. Cela permet d'anticiper cette réaction pour mettre un terme au combat.

Bien entendu, chaque combattant peut feinter l'autre. La première configuration comporte une feinte du défenseur qui riposte en frappant hors distance et un peu mollement, donc sans réelle intention de toucher. L'ex-attaquant, qui est fortement tenté de reprendre l'initiative du combat, vient parer alors que ce n'est pas nécessaire. L'ex-défenseur anticipe cette réaction en faisant un batté très rapide pour écarter la lame puis estoquer.
La deuxième configuration présente une feinte de l'attaquant lors de sa première frappe. Elle est volontairement raccourcie, en faisant un déplacement moins grand et en gardant les bras relativement pliés. De nouveau, l'objectif n'est pas de toucher réellement mais de faire croire à cette touche. Comme attendu, le défenseur pare et contre-attaque avec une estoc. L'ex-attaquant, qui a anticipé ce geste, sort de la ligne d'estoc en repoussant l'épée loin de lui et en poursuivant son mouvement de lame, frappe de taille.
La troisième configuration montre de nouveau une feinte du défenseur mais plus subtile. L'idée est de laisser croire à l'attaquant qu'il mène le combat. Pour cela, le défenseur simule un manque de réactivité en faisant simplement une parade bloquante sans rien derrière. L'attaquant réagit immédiatement en continuant son attaque sous forme d'estoc. Le défenseur garde le contact du fer en repoussant l'estoc de côté et vers le bas. Suivent un batté sur la lame attaquante puis une frappe de taille.

A noter que ces différentes configurations sont parfois exécutées de façon quelque peu décomposée afin de mieux en saisir les différentes phases. Une exécution efficace serait plus fluide, avec certains gestes en moins. Par exemple, dans la deuxième configuration, le défenseur bloque en parade avant de faire le batté, ce qui n'est pas  efficace puisque l'ex-attaquant a du temps pour réagir et éviter le batté (ce que l'on constate parfaitement sur le ralenti final).


Pour résumé, cette vidéo présente un tout petit échantillon caractéristique des techniques "efficaces" développées par CEFC. L'intérêt ne réside pas réellement dans les gestuelles filmées mais dans les principes qui les sous-tendent : parade "en éjectant" ou bloquante, feintes tactiques, anticipation, ... Qui plus est, d'autres principes fondamentaux de nos techniques, notamment l'exploitation du corps-à-corps ou de la distance, ne sont pas ou peu abordés. Cette vidéo n'est donc qu'un échantillon de gestuelles reposant sur un échantillon de principes. Néanmoins, elle permettra peut être à des pratiquants orientés "animation" de prendre conscience du gouffre qui les sépare des techniques "efficaces" et, pourquoi pas, les amener à pratiquer des deux côtés. Elle permettra peut être également à certains reconstitueurs un peu extrémistes, de prendre conscience que venir du côté de l'animation n'est pas une tare, et qu'il est possible d'arriver à un résultat cohérent en dehors de l'étude des traités.



Mise à jour le Lundi, 29 Juin 2009 14:57