Le patronage d'une chaussure X-XIème - Introduction PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Hervald   
Index de l'article
Le patronage d'une chaussure X-XIème
Introduction
La semelle
La tige
L'attache et les renforts
Conclusion
Toutes les pages


1. Introduction

Cet article ne contient que les conseils pour réaliser un patronage. La couture de la chaussure est un autre problème, traité dans un autre article. Le patron obtenu est celui d'une chaussure anglo-scandinave du X-XIème siècle, à rabat, conçue pour être cousue à l'envers puis retournée. Toutes les figures et photos sont basées sur un exemple de pied gauche, pointure 36, dont on peut voir l'aspect fini sur la figure 1. Les méthodes données ci-dessous sont cependant valables pour n'importe quelle pointure et la plupart des formes de pieds.

La première section décrit comment réaliser le patron de la semelle. La section suivante traite de la partie délicate de la tige. La dernière section traite du système de fixation du rabat ainsi que des renforts possibles, au niveau du talon (heel stiffener) et du haut de la tige (top band).

Pour information, cette chaussure correspond au type 4 de la typologie donnée sur le site de Marc Carlson (cf. type 4). Ce site est incontournable pour tous ceux qui veulent en apprendre un peu plus sur la confection de chaussures. Attention cependant, les patrons proposés donnent juste une idée du principe de découpage des semelles et tiges mais doivent être fortement adapté pour tenir compte de la morphologie toute en rondeur des pieds. On le constate relativement bien en comparant le patron de cet article et celui de l'URL donnée ci-dessus.

Attention, l'objectif de l'article n'est pas de proposer un patron pour reconstruire une pièce existante. En effet, si l'on s'en tient aux exemplaires retrouvés de chaussures à rabat (cf. "Leather and leatherworking in anglo-scandinavian and medievale York") le patron proposé en diffère sur certains point essentiels :
  • la semelle de ce type de chaussure est généralement terminée par une pointe en V au niveau du talon. De ce fait, la tige est elle aussi découpée en V (inversé) au niveau du talon.
  • ce type de semelle implique qu'il n'y a pas un ajout de renfort de talon, comme on peut le distinguer sur la photo 1.
  • le rabat des exemplaires de fouille est à l'intérieur du pied et non sur l'extérieur. Cela semble bizarre et peu pratique mais c'est un fait.
  • la couture qui permet de refermer la chaussure (juste en dessous du rabat) est, du fait précédent, elle aussi à l'intérieur du pied. De plus, elle est généralement située plus en avant vers la pointe du pied et plus inclinée.
Quoi qu'il en soit, le patronage n'est pas irréaliste au sens où :
  • le principe du renfort de talon rapporté existe sur d'autres modèles datant de la même époque, quand bien même il est quasi tout le temps invisible car cousu à l'intérieur.
  • l'ouvrage de référence cité ci-dessus fournit des preuves géographiquement ciblées. Le rabat à l'intérieur du pied peut donc être un particularisme. On peut d'ailleurs noter que bon nombre d'autres types ont des rabats allant vers l'extérieur (cf. ankle boots).
Cela étant posé, il est relativement facile d'adapter le patron pour le conformer à celui d'un exemplaire de fouille.


Mise à jour le Jeudi, 03 Juin 2010 14:02